mercredi 17 août 2011

Qui suis-je?

 

Je m'appelle l'Informatrice. Je suis âgée d'une trentaine d'années. Je suis mariée et mère de deux enfants.
J'aime par dessus tout mon métier de journaliste que je vis comme une vocation. Je travaille actuellement dans un grand quotidien.

Pendant de nombreuses années, je me suis fondue dans le moule, sans faire d'histoires, consciencieuse dans mon travail, respectueuse de la ligne éditoriale de ma hiérarchie (ligne éditoriale contrôlée naturellement par les actionnaires).
J'ai couvert des événements politiques, réalisé de nombreuses interviews, rencontré le gratin et fréquenté le fameux dîner du Siècle.

Le métier de journaliste aujourd'hui a perdu de sa superbe. La logique marchande est entrain de tout tuer. Le journaliste n'est plus un informateur, un chroniqueur, un pédagogue, mais un commercial qui doit s'inscrire dans un projet de développement économique de son média, contraint de rechercher sans cesse le scoop, le sensationnel, tirant le niveau intellectuel et culturel de la société française vers le bas.

Respecté hier pour son indépendance et sa capacité à résister aux  pressions, le journaliste n'est plus aujourd'hui qu'un simple salarié qui doit  avant tout se battre pour conserver son emploi en cette période de vaches maigres. D'où le sentiment de collusion avec les puissants et les nantis.

Car être journaliste, c'est aussi appartenir à une corporation qui, au cours de ces vingt dernières années, entretient des relations incestueuses avec le monde politique et économique, lequel influe sur sa manière de traiter l'information, voire de la manipuler.
Aujourd'hui le destin du journaliste est d'être clairement au service d'une haute élite.

Cependant, il serait injuste de considérer que tous les journalistes sont des "vendus". La vérité est que la grande majorité d'entre eux sont au quotidien de gens passionnés par leur métier, qui essayent de faire du mieux qu'ils peuvent, dans des conditions pas toujours évidentes, leur travail et qui ne gagnent pas plus de 3000 euros par mois. 
Mais la forte prégnance de la pensée dominante les empêche de sortir des clous, à quelques exceptions près. 

C'est pour bousculer et réveiller une profession qui est entrain de perdre ses lettres de noblesses, en raison de ses compromissions et de son académisme conservateur, que j'ai créé le personnage énigmatique de L'Informatrice. 

Dans une France sinistrée sur le plan économique et social, en proie au doute, où les citoyens ne croient plus aux vertus de la politique et se détournent des scrutins démocratiques, j'ai donc décidé de partager avec eux un certain sentiment de révolte.
Révolte à l'égard de certains comportements qui nous heurtent dans l'idée que nous nous faisons de la république, de la démocratie et de l'égalité. 
J'ai décidé de le faire avec humour, impertinence et dérision.    
Et comme il faut bien rire, j'ai sélectionné ce sketch de notre regretté Coluche qui nous remet à nous journalistes les idées bien en place.

12 commentaires:

  1. Magnifique profession de foi et belle révolte. Continuez et merci!

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  2. Tiens maintenant tu as une trentaine d'années. Lors de ta tweetitv tu en avais une quarantaine...Dur, dur de mentir sur la durée. Quand vas-tu cracher le morceau ?

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  3. Il manque toute la partie du manifeste qui dit que malgré votre anonymat vous n'oserez ABSOLUMENT pas vous révolter réellement.
    D'ailleurs une révolte sur un compte twitter hein...

    Bon j'ai tellement de choses à dire sur ce manifeste qu'il faudra que j'écrive, pour désosser ce truc.

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  4. Bon, jusque là, c'est amusant ce fake... bien que parfois d'un ton si péremptoire que cela peut en agacer certains. Je dis cela non par simple reproche mais pour parfaire votre image... Votre trace médiatique m'apparaît en tous cas comme une sorte de création d'art contemporain, utilisant l'information comme un élément artistique parmi d'autres. Pourquoi pas ?

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  5. Ca se passe si mal que ça au Figaro ?

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  6. pour une foi que quelqu'un bouge et prend position ces très con de la descendre je ne dit pas qu'il ne faut pas avoir l'esprit critique mais quelle gloire tiré d'un fake si l'on reste anonyme??? sa n'a aucun sans!.. respect a toi l'informatrice et merci de consacré du temps en plus de ton taf pour nous informé sur la désinformation que nous subissons

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  7. au plaisir de vous lire :)

    http://twitter.com/arnaudmouillard

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  8. Votre omniprésence, votre activité et votre grand nombre de publication permettent de se poser des questions. Orront-elles un jours des réponses ?

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  9. Qui suis-je? Le concombre masqué?

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  10. Bonjour

    Une phrase me choque dans votre présentation, quand vous dites que la plupart des journalistes ne gagnent "pas plus de 3000 euros". Je ne sais pas dans quel "grand quotidien" vous travaillez, mais cette remarque montre bien votre méconnaissance du métier de journaliste. Aujourd'hui, la tendance est plutôt à la précarisation, notamment pour les jeunes qui arrivent dans le métier. Je peux vous assurer que le jour où je gagnerai 3000 euros, j'en serai ravie. Mais ce ne sera que dans 20 ans (j'aurai alors passé la quarantaine). En attendant, j'explose mes 35 heures pour moins de 2000 euros net, ce que je considère comme étant déjà correct.

    Cordialement,

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  11. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  12. Étouffés par le système. Les moutons sont pris au piège de leur endettement.

    Consommez et taisez-vous. Tout se passera pour le mieux.

    De toute façon, tout n'est que factice ici. On nous vend du rêve en servant de nos peurs.

    Ne parlez pas de révolte.

    Les moutons sont tellement devenus gras qu'ils ne pourront que bêler entre-eux sur le net.

    J'ai bêlé, je peux maintenant rentrer dans les rangs...La semaine n'a pas encore commencé. Retour à la réalité.

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